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ASTROLOGIE et SCIENCES HUMAINES

ASTROLOGIE et SCIENCES HUMAINES

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Transit de Saturne en Vierge

 


A propos du transit de Saturne en Vierge du 2 septembre 2007 au 21 juillet 2010


 

Saturne en transit ralentit le rythme de la nature, concentrant ainsi l'expérience; bride, confronte l'individu à une approche réaliste de la vie. Fait craindre des échecs, des épreuves majeures du destin. En transit très difficile car restriction. Le message que délivre Saturne en transit comme une petite voix en nous, dit: «Vous seriez bien avisé de considérer cela avec attention. Prenez conscience de vos limites, ne vous précipitez pas, soyez pratique». Saturne fidèle à son habitude nous place devant nos insuffisances en ralentissant le domaine qu'il touche, voir en immobilisant temporairement ce domaine. Ceci est d'autant plus fort quand il rétrograde, ce qu'il fait durant quatre mois et demi, une fois par année.

Le principe de la rétrogradation est un ressourcement qui passe par un déconditionnement. On pense à ce moment que la vie nous veut du mal, ce n'est pas ça. C'est l'ego, amoureux de ses habitudes qui se plaint de devoir revoir sa copie, ses insuffisances.

Saturne rétrograde du 20 décembre 2007 au 4 mai 2008 et du 1er janvier 2009 à 21° au 18 mai 2009 à 14°.


Quelles sont ces insuffisances?

Ken Wilber explique dans son livre «Une brève histoire de tout», qu'au cours de son parcours allant de la naissance à la mort, un «moi», complètement indifférencié à la naissance va devoir se développer, se transformer, c'est-à-dire passé de l'indifférencié au différencié et ainsi acquérir une conscience individuelle, potentielle à la naissance, mais latente, que Jung a appelé Soi.

C'est en passant par plusieurs étapes de différenciation que le processus se déroule. Il arrive souvent qu'au cours de chacune de ces étapes qu'une partie du «moi total» se dissocie et reste coincée au niveau où cela c'est passé. Il reste ainsi des parties du «moi» dans chacune des étapes de différenciation. Ces parties du «moi», prisonnières du niveau de conscience où cela c'est produit continuent d'exister et exigent d'être nourries, c'est-à-dire servies. Ce sont ces petits démons qui vivent en nous, des barbares qui nous rendent la vie impossible, ils composent notre corps de souffrance.

Le corps de souffrance est composé d'énergie vitale, le «moi», prise au piège, qui s'est séparée de notre champ énergétique global et qui est temporairement devenue autonome par le processus artificiel de l'identification au mental.

En «naît» tant pas assez présent, nous permettons à ces parties du «moi», qui n'ont pas grandi, d'agir, malheureusement elles sont restées au niveau de conscience qu'elles avaient au moment de la dissociation, c'est ce qui fait que la personne accomplit des actes proches de la materia prima, même si le reste de «moi» a continué de progresser dans l'ascension des niveaux de conscience. Ce sont des petits «moi» qui sont restés proches de la nature du départ de l'existence, nature primitive pas encore alchimisée, complètement indifférenciée et superficielle.

Donc, quand on dit que Saturne nous met en face de nos insuffisances, c'est peut-être le moment, l'occasion de reprendre contact avec ces parties restées au niveau primitif, de les délivrer en reconnaissant leurs présences, ainsi on les aiderait à rejoindre le reste du centre de gravité qui se situe lui à des niveaux de consciences supérieures. On parle souvent de psychologie des profondeurs, peut-être serait-il plus juste de parler de psychologie de la superficialité, car plus il y a de superficialité moins il y a de profondeurs. C'est ainsi que ces petits barbares finiraient de saboter notre existence.

Il est donc temps avec le transit de Saturne en Vierge de reprendre contact avec le «petit barbare» qui nous rend la vie impossible. Rudhyar, dans tryptique, nous parle des dons de l'esprit. Concernant la Vierge, il parle de tolérance, compassion et lucidité. Voici ce qu'il dit dans «Tryptique astrologique»:

Rudhyar : l'Esprit offre à tout être humain le don qui pourrait combler le besoin le plus essentiel de son tempérament de son type psychologique; mais nombre d'hommes sont incapables d'évaluer ce que leur nature fondamentale n'a pas réussi à développer car ils sont trop occupés à privilégier des tendances opposées, plutôt qu'en rapport conscient avec leur structures profondes de leur psyché. La conscience d'un individu est imprégnée par le formes symboliques et souvent par les superficialités de la langue et des traditions en cours dans sa culture qui permettent à cet individu de s'exprimer aisément. Il n'ose pas orienter les remous incertains de son Moi vers le calme des profondeurs où pourraient se révéler les structures individuelles qui déterminent et canalisent la croissance intérieure de sa personnalité...

... L'énergie à l'étape du signe de la Vierge, indique une période de métamorphose du Moi personnel pendant laquelle ce Moi ressent l'impact d'une réalité nouvelle qui confère aux relations interpersonnelles une importance dominante et, au Moi, le sentiment profond mais inquiétant de participer à un vaste organisme au sein duquel il ne se voit attribuer qu'une fonction particulière (une parmi d'autres). Le choc intérieur de cet impact sur l'individu, le fait reculer, dans la frayeur et la confusion. Il souffre; il est saisi d'une anxiété intense. Il essaie de trouver un éclaircissement; une formule révélatrice; il devient critique; il veut à tout prix s'échapper. Il invente des substituts multiples pour remplacer ce qu'il sent perdu. Il s'éprend même de doctrines exotiques, se dévoue à des cultes qui allègent pour un moment son inquiétude tragique. Il imagine des scénarios parfois remarquables qui détaillent, pour ses pensées et son sens de valeur, les changements possibles de lieu ou de cadre de référence.

Pourtant, la seule chose nécessaire serait simplement de rester calme, de subir sans défaillance la pression exercée par le mouvement inéluctable de l'évolution humaine qui exige de lui, à ce moment-là, une métamorphose radicale.

Toute cette activité mentale exagérée, tendue, qui tourne en rond, a pour but de donner à l'ego l'impression illusoire d'être encore maître de la situation.

Certes cela démontre que l'ego a appris de nombreuses leçons et qu'il désire encore maîtriser des méthodes nouvelles lui permettant de s'adapter à de nouvelles circonstances ; mais c'est toujours ce même ego qui fait les efforts! Et ces efforts se portent à la surface de l'existence et non sur le contenu des profondeurs de la vie. Ils ne mettent pas en question l'essentiel: la qualité de l'ego lui-même, ainsi que la valeur et la signification de son autorité et des privilèges qu'il s'octroie. Ces efforts ressemblent aux réformes qu'un monarque absolu, qui se croit toujours investi d'une autorité «de droit divin», concède à son peuple déjà consciemment en révolte: réformer n'est pas effectuer une transsubstantiation réelle. Le roi offre des palliatifs, mais pas la guérison...

... A une voie divine, il oppose son pouvoir créateur illusoire en évoquant des déités exotiques susceptibles de détourner les aspirations de son peuple.

Cela veut dire que l'ego-roi devrait abdiquer, renoncer à toute possibilité de contrôler les forces chaotiques de l'inconscient collectif qui enfièvrent la foule, et les laisser libres de détruire totalement ce qui avait été bâti sous son règne? Dans certains cas, une telle révolution représente la seule possibilité; mais il ne faudrait pas la considérer comme la solution idéale. Les crises devraient nous faire comprendre que ce qu'elles cherchent à réaliser n'est pas tant un changement de formes qu'un processus de transfiguration. La substance même de notre conscience et de notre individualité a besoin d'un renouvellement radical. Et ce processus de renouvellement implique aussi la nécessité de préciser à nouveau et de manière très claire le but de notre vie individuelle.

La charpente de l'ego peut être maintenue; c'est le but de son existence et de l'existence de l'ego lui-même auquel il faut donner un caractère nouveau...

... Pour réaliser une telle transformation, il ne faut pas compter sur des techniques inhabituelles ou sur de nouveaux rites religieux. Elle ne peut que résulter de la transmutation de la substance même de l'état de conscience, grâce à des expériences nouvelles, répétées, qui acquièrent un caractère universel; grâce aussi à une acceptation franche, ouverte à la possibilité de relations interpersonnelles qui dépassent une norme étroite...

Cette nécessité d'une transsubstantiation nous explique la nature de la crise qui nous tourmente. La Vierge nous a jeté ce défi; elle nous force à prendre conscience de ce besoin afin que nous puissions bien comprendre le sens du don précieux que nous apporte l'Esprit: la tolérance. Pour beaucoup, il indique seulement une attitude mentale ou affective opposée à une critique incessante ou, encore plus, à un fanatisme borné. Il est certain que tolérer les opinions, sentiments et comportements particuliers d'autres personnes, c'est leur accorder le droit de penser et d'agir de manière propre à leur manière. Il y a toutefois une forme de tolérance qui a un sens plus profond que le simplement désir de «vivre et laisser vivre». En fait, sous ce désir relativement normal, se cache souvent de la suffisance et une grande indifférence envers tout ce qui ne fait pas partie de nos croyances, de notre vérité. La tolérance n'est pas l'absence d'intolérance. Au sens étymologique, «tolérer» signifie supporter. Mais supporter quoi? Le fardeau que nous imposent les transformations inéluctables, nécessaires à notre croissance. Etre tolérant, c'est assumer (ou, autrement dit, porter avec soi, supporter) la responsabilité de rechercher constamment des connaissances plus étendues (avec Uranus), des sentiments constamment plus inclusifs (avec Neptune) et des modes d'actions (avec Pluton) mieux adaptés aux conditions du milieu ambiant. C'est se tenir très droit, préparé à tout, l'âme et l'intelligence prêtes à accueillir Dieu au moment où Il frappe à la porte et demande à l'individu, ou la nation, de faire face à une destinée qui dépasse son existence ordinaire jusqu'à ce jour. C'est la capacité de s'étendre en élargissant son champ d'activité...

... La tolérance naît de l'acceptation totale et consciente des crucifixions qui résultent inévitablement de la constatation des polarités opposées dans l'existence humaine. Quand la personnalité consciente de l'homme (le «mentat») accepte leur existence, cet homme devient capable de développer une intelligence intégrale où toute chose trouve une place qui lui est propre. C'est ainsi que s'ouvre la voie vers une croissance consciente, la voie qui mène à l'état divin.

Tolérance, compassion, lucidité : cette trinité de vertus illumine le chemin que doit suivre, non seulement le type Vierge, mais aussi de façon plus ou moins accentuée, tout être humain. La tolérance s'adresse plutôt au «mentat», la compassion au cœur, tandis que la lucidité se révèle plus précisément dans l'action; mais ces trois vertus dérivent d'une même réalité fondamentale. L'ouverture à l'inconnu d'une conscience prête à faire face aux mille aspects d'une vérité, d'un amour et d'une compassion qui ne recule devant aucun sacrifice - prête aussi à assimiler les résultats infiniment variés des expériences que suscitent ces grandes vertus. L'intolérant n'est pas capable d'étendre ses facultés intellectuelles et son pouvoir de compréhension. La mort spirituelle est la compagne constante de ceux que la compassion ne peut toucher - ce genre de mort qui vient d'un cœur rétréci...

... En se préoccupant sans cesse de détails techniques, de problèmes d'hygiène, de santé d'alimentation, d'analyse (on pourrait dire de vivisection!) psychologiques sur lui ou sur d'autres, en utilisant l'énergie de la Vierge, on concentre en réalité son attention sur les éléments négatifs d'une crise. Ces préoccupations caractéristiques de la Vierge ne sont après tout que des palliatifs qui suppléent aux efforts nécessaires, plus difficiles parce que plus soutenus et plus exigeants.

Nietzsche définit, d'une manière énigmatique, la nature paradoxale de ces efforts lorsqu'il parle de «sauter au-delà de son ombre». On peut aussi assimiler au fait de boire non seulement le contenu d'une coupe, mais aussi la coupe elle-même, donc le contenant aussi bien que le contenu. Il est en effet nécessaire de changer non seulement ce quequi contient les éléments de la nature personnelle. Il ne suffit pas de procéder à une purification de l'ego ou du corps qu'il utilise; il faut absorber cette ombre; il faut la dépasser - dépassement qui surpasse lui-même tout raisonnement. Voilà le grand problème à résoudre durant une crise de métamorphose personnelle; on devrait se consacrer totalement à la solution de ce problème. Lorsqu'elle est réellement transformée par l'Esprit, la conscience pleinement développée d'un individu est capable d'illuminer et d'absorber non seulement le contenu de l'ego, mais aussi l'ego lui-même (la coupe avec l'eau). contient la personnalité, et, en particulier, son ego, mais aussi le caractère de ce

La Vierge a beaucoup à faire avec ce que les véritables Alchimistes appelaient «le Grand œuvre». Beaucoup reculent, effrayés ou sans comprendre, lorsque, après les étapes préalables, ils se trouvent confrontés à la nécessité d'accomplir ce Grand œuvre. Ils cherchent des instructeurs, des «Maîtres» qui pourront expliquer pour eux le mystère qui hante leur imagination. Ils examinent minutieusement les détails de leur passé, analysent leurs motivations psychologiques, s'efforcent de ne pas réagir immédiatement aux impacts extérieurs ou aux changements intérieurs, dans l'espoir assez vain de recevoir une clé magique. Ils cherchent de tous côtés, sauf dans la direction de l'ombre qu'ils engendrent. Malheureusement le chemin qui mène à notre divinité latente passe à travers cette ombre. Pour assimiler la vérité totale, il nous faut nécessairement assimiler l'ego qui essaie de connaître cette vérité totale.

Les mots utilisés en langage humain ne peuvent en révéler plus. Seule une crise totalement vécue peut se terminer en victoire. La Rose s'épanouit toujours au centre de la Croix. On rencontre Dieu lorsque la divinité latente au cœur de tout être humain a été capable d'assumer cet être humain. C'est le mystère de l'Assomption de la Vierge, divinisée par la Crucifixion du fruit de son âme.


Nous avons jusqu'en août 2010 la possibilité d'approfondir la direction que l'énergie à l'étape Vierge prend, et d'essayer de passer à travers son ombre, seul chemin qui peut mener chaque être humain à sa divinité. Quelle est l'ombre de la Vierge? Le besoin de perfection et de pureté. Nous la rencontrons à travers nos projections, chaque fois qu'on critique un autre et qu'on lui demande d'être parfait, qu'on y voit un manque de pureté. La critique sert à masquer sa propre incapacité de se transformer.

C'est une période qui nous est offerte pour:

  • apprendre à délivrer le «petit barbare» qui en nous réclame sans cesse d'être nourri d'une pureté essentielle, avant de nous laisser à oser vivre et avancer sur la scène du théâtre de notre vie;

  • accepter que les choses soient «sales» et se dire que nous n'avons pas besoin d'être parfait pour être aimé, réussir dans la vie et... aimer.

 

 

 

 

 

 

 

09.06.2008


Christian Donzé
http://www.astrowatch.ch

Publié le 13/10/2008 à 19h24 dans ASTROLOGIE & THEORIE

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